Pranayama : l’expansion du souffle

 

Le pranayama est une pratique yogique qui permet de cumuler l’énergie vitale, elle se traduit par « le contrôle ou la rétention du souffle » : prana « soufle vital », yama « contrôle », « expansion », « allongement », « retenue ».

 

Le prana dans chaque individu est une part du Souffle cosmique de Paramatma. En pratiquant le pranayama on s’efforce de réaliser l’harmonie entre pinda prana (la respiration individuelle) et brahmananda prana (la Respiration Universelle).

 

nadis pranayamaLa structure du corps pranique

 

Pour comprendre le fonctionnement du prana dans notre corps nous étudierons la structure du corps subtil selon l’Ayurveda. A part le corps physique que tout le monde peut voire et toucher nous avons un corps subtil : Prana Charira qui est actuellement détectable par des appareils physiques. Prana Charira répète les contours exacts de notre corps physique, y compris, tous les systèmes et les organes internes. Ce corps subtil est relié avec le physique par le système des canaux qui transportent le prana. Ce système est estimé à peu près à 250 000 canaux énergétiques (dans Shiva Samhita), appelés en sanskrit nadis. Parmi eux les 10 canaux sont les plus connus et importants : Sushumna, Ida, Pingala, Gandhari, Alambusa, Yusasvini, Kuhuh, Hastijiha, Sankhini, Pusa.

 

La Sushumna : le canal central

 

Tout au long de la colonne vertébrale montent les trois principaux nadis  : Ida, Pingala et Sushumna. Le dernier est le canal central et essentiel, il contrôle et nourrit d’énergie  tous les chakras  (centres énergétiques),  les fonctions de l’organisme aussi bien sur le plan psychique et émotionnel. Sushumna elle même est composée de trois canaux : Vajra nadi transportant l’énergie solaire, Chitrini nadi transportant l’énergie lunaire et le Feu. C’est dans le canal central de la Sushumna que monte l’énergie de la Kundalini mais cela se produit uniquement au stade très avancé de la pratique. 

 

 

Les canaux respiratoires Ida et Pingala
chakras ida pingala

 

Ida et Pingala suivent également la ligne de la colonne, ils s’enroulent en se croisant autour de la 

Sushumna. Ils démarrent dans le périnée et se terminent dans les narines. Ida se termine dans la narine gauche, alors que Pingala se termine dans la droite. 

 

Ida représente l’énergie lunaire, elle fait circuler l’énergie de caractère rafraîchissant, calmant, apaisant. De ce fait, la respiration par la narine gauche calme les émotions, baisse la fièvre, soulage la douleur, déstresse, normalise le sommeil, calme les migraines et baisse la tension artérielle.

 

Pingala fait circuler l’énergie solaire de caractère réchauffant et tonifiant. Pingala est lié à la raison, la volonté et le courage. La respiration par la narine droite renforce l’activité intellectuelle, active le mémoire et les capacités cognitifs, normalise la digestion et le métabolisme, neutralise les toxines physiques et mentales.

 

L’un des buts principaux du pranayama est de rétablir l’équilibre physique et mental en équilibrant le flux énergétique entre Ida et Pingala.

 

 

Les poumons : la porte vers l’intuition

 

Avez-vous remarqué que notre état émotionnel dépend directement de notre respiration ? Si on respire lentement et profondément, on se calme en quelques minutes. Et 

inversement : si on stresse, nos pensées s’emmêlent, on est ému ou épaté, la respiration s’intensifie.

 

 

La respiration, c’est la clé offerte à l’homme par la Réalité Suprême pour ouvrir la porte de cette même Réalité. Imaginez la respiration comme le cordon ombilical qui relie notre corps physique, corps subtils et l’âme individuelle (Atman) à la Source de l’Univers (Brahman).

 

C’est dans les poumons que tout commence. Les poumons purifient le sang qui est le véhicule physique du prana subtil. Avec chaque respiration, nos artères conduisent le sang pur  et riche en oxygène et en prana vers les organes du corps et les veines ramènent le sang impur vers le cœur et vers les poumons par la suite pour les purifier et les charger de prana. C’est à dire que les poumons jouent le rôle de la réserve constamment rechargeable non seulement de l’oxygène mais de prana. Et cela n’est pas un hasard que les poumons dans le cœur humain se trouvent dans la zone de chakra du cœur (4ème centre énergétique), c’est précisément l’endroit où demeure l’Atman (l’âme individuelle).

 

2 exercices simples et efficaces

 

Kapalabhati : la pratique qui fait briller le visage et purifie toute la tête au niveau physique et mental. « Kapala » signifie crâne en sanskrit, et « bhati » veut dire briller. Cet exercice active et fortifie foie, rate, pancréas, élimine le bioxyde de carbone, purifie le sang, nettoie et renforce considérablement t

out le système respiratoire, favorise la concentration profonde.

Commencez par 3-4 cycles de 10 respirations. Faites des pauses de respiration calme et profonde entre les cycles.

Contre-indications : problèmes cardiaques et immunitaires, hypertension, problèmes des yeux, glaucome, otite.

  

Nadi Shodhana ou Anuloma-viloma : la respiration alternée. Ce

tte pratique équilibre notre énergie de Pingala nadi (solaire) et celle de Ida nadi (lunaire). Ces deux énergies doivent travailler en binôme, se changer afin que nous gardions un équilibre et ne surchargions pas l’une des deux parties. Il est aussi important dans notre vie d’être actif que de se reposer, de donner que de recevoir, d’être rationnel que émotionnel, d’appliquer l’intellect ainsi que la créativité.

 

Vous pouvez pratiquer quotidiennement : de 4 à 8 cycles (1 cycle : 2 inspirations + 2 expirations).

 

prana pranayama nadi shodhana

 

Recommandations générales

 

Soyez installé confortablement dans la posture. Prenez les supports nécessaires. Posez-vous de sorte à créer, dans votre corps, l’espace pour la respiration.

 

Visualiser la colonne vertébrale, comme un axe vivant, même immobile, elle n’est pas figée, c’est un espace tubulaire par lequel passe l’énergie du souffle.

 

Laissez-aller, se détendre, relâcher les muscles intercostaux et le ventre : la respiration profonde va induire une expansion de la cage thoracique, cette expansion multi-directionnelle se fait naturellement, sans effort musculaire, de l’intérieur, là c’est le souffle qui crée le mouvement.

 

Faites rentrer en résonance périnée et diaphragme, les mouvements du diaphragme sont gracieux comme les mouvements d’une méduse, sentez la souplesse organique.

 

Le mental observe et écoute, il reste vigilant et calme, attentif au souffle, aux mouvements intérieurs. Ne bloquez pas les émotions, accueillez-les, laisser les se transformer par la respiration.

 

Important !

 

Pratiquer a jeun, le cœur et les muscles reposés, ni après ni avant l’effort. Si vous souhaitez préparer la pratique du pranayama avec celle des asanas, privilégiez donc une pratique douce et laisser le laps de temps de 15 minutes.

Ne forcez aucune de vos pratiques, les techniques de pranayama sont très puissantes. Si vous avez des questions adressez-vous aux enseignants de yoga avant de commencer la pratique.

  

 

Les bienfaits du pranayama pour le corps physique

 

Pranayama est utilisé dans l’Ayurveda et dans le Yoga comme une méthode de la guérison du corps physique et psychique agissant par l’augmentation et harmonisation de l’énergie vitale. Pranayama constitue la 4ème 

partie (anga) du chemin yogique Ashtanga yoga : le chemin des « 8 étapes».

 

prana pranayama himalaya

Au niveau physique les différentes pratiques praniques permettent d’harmoniser le flux énergétique dans chaque organe et chaque système du corps tout en normalisant leur fonction. Elles augmentent le tonus et l’immunité, anime le feu digestif, stabilisent le métabolisme et la circulation sanguine. Ensemble avec d’autres procédures, le pranayama aide à dépasser des différentes maladies, même à des st

ades avancés. La pratique régulière du pranayama déracine les maladies chroniques que même les docteurs allopathiques et homéopathiques n’arrivent pas à soigner.

 

Les bienfaits pour les corps subtils

 

 

Au niveau psychique le pranayama équilibre considérablement les forces. Du fait que la respiration est étroitement reliée avec le mental, les pratiques praniques permettent de transformer le processus habituel de respiration inconsciente en mode conscient. Par conséquent, cela nous ouvre l’accès aux couches profondes de notre conscience et libère d’anciens blocages psychiques.

 

Quand le système nerveux est suffisamment nourri par le prana nous pouvons facilement détecter et résoudre nos problèmes émotionnels, vaincre le stress, nous concentrer, entendre la voix de l’intuition.

 

En raison du manque du prana, la personne n’arrive pas à méditer tandis que le  pranayama renforce la concentration nous mène vers la méditation profonde. Comme le mental est lié avec la respiration, le pranayama nous aide à nous abstraire du flux des pensées et des émotions et à nous orienter vers notre monde intérieur pour retrouver le Vrai Soi. 

 

Préparé par Maitri 

Regardez la vidéo de Yoga&Vedas sur la pratique de pranayama

2 comments on “Pranayama : l’expansion du souffle

  1. Claude-Félix Blanchard says:

    L’explication de Mme Agathe est simple et posée. La sobriété du décor, de la lumière sans ombre, de la clarté du son et du prof sympa 🙂 Cependant, permettez-moi de souligner un tout petit bémol (en La mineure) est justement la musique. J’aime le saxophone mais est-il nécessaire? Que voulez-vous les zamiieess… je suis de la vieille école, celle de Robert Bresson: “Zéro de conduite” pour la musique extradiégétique; seul le son du souffle demeure audible; je rigole et merci pour tout!

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